Le regard d'Hélène sur Patrimonia 2026

400 exposants, des stands pleins, une ambiance excellente… Et si le vrai sujet de Patrimonia 2026 était ailleurs ? Hélène Lamon nous debriefe de cette nouvelle édition de l’évènement. Son regard est riche en questions…

Il y a quelque chose qui m’a frappée à Patrimonia cette année : plus le monde semble incertain… plus les CGP semblent confiants. Et c’est peut-être le premier enseignement de cette édition. Parce que le contexte, lui, n’a rien de rassurant : incertitudes françaises et européennes, tensions géopolitiques, nouveaux équilibres de taux, marchés parfois difficiles à lire… Et pourtant, à Patrimonia, l’ambiance était excellente. Des stands pleins, beaucoup d’échanges, des sourires, de l’énergie et surtout un vrai plaisir à se retrouver entre CGP, partenaires et fournisseurs.

Alors pourquoi ce paradoxe ? Mon regard, c’est que les CGP n’ont pas nécessairement confiance dans la conjoncture. Ils ont confiance dans leur métier. Et ils ont probablement raison. Parce que plus le monde devient complexe, plus le besoin de conseil augmente. J’en profite d’ailleurs pour remercier toutes celles et ceux que j’ai croisés à Patrimonia et qui m’ont parlé du Regard d’Hélène. Vos encouragements m’ont beaucoup touchée… et m’incitent évidemment à continuer !

Les CGP, de la chair à prestataire ?

Deuxième chose qui m’a frappée : plus de 400 exposants. Un record. Mais derrière le record, il faut regarder ce qui change. Bien sûr, toujours énormément de produits : SCPI, private equity, structurés, assurance-vie, sociétés de gestion… Mais aussi de plus en plus d’outils, de data, de services, de digital, de cybersécurité et évidemment d’intelligence artificielle. Patrimonia n’est plus seulement le salon où l’on vient chercher le prochain bon produit. On y cherche désormais aussi comment mieux exercer son métier. Et cela pose d’ailleurs une question : plus de 400 exposants, est-ce uniquement le signe d’un marché en pleine santé… ou également celui d’un marché où tout le monde veut désormais capter le CGP ? À chacun de se faire son opinion…

Les conférences racontent exactement la même histoire. Il y a encore quelques années, les grandes questions étaient : inflation, taux, immobilier, ISR, crypto… Autrement dit : dans quoi investir ? Puis sont arrivés l’intelligence artificielle, la transmission des cabinets, la concentration du marché, l’éducation financière, la cybersécurité… La question est progressivement devenue : « Comment exercer demain notre métier de CGP ? » Et, pour moi, ce basculement est majeur. Parce que le produit est de plus en plus accessible. L’information aussi. La technologie également. La vraie rareté devient donc la qualité du conseil.

Sécuriser, toujours un mot clef

Et cette transformation va s’accélérer avec un autre phénomène : la concentration du marché et la grande transmission des cabinets. Nous allons connaître beaucoup de cessions dans les prochaines années. Mais transmettre un cabinet ne signifie pas automatiquement transmettre ses encours. Parce qu’un client n’est pas fidèle à une ligne dans un fichier. Il est fidèle à une relation de confiance. Et lorsqu’un cabinet change de mains, le risque de fuite d’encours existe. La transmission doit donc être anticipée, accompagnée et sécurisée.

Et le mot « sécurisée » m’amène à un autre sujet qui m’a beaucoup marquée cette année : la cybersécurité. Elle n’est plus un sujet informatique. C’est désormais un sujet patrimonial et un sujet de dirigeant. Et j’y associe directement l’intelligence artificielle. L’IA va nous apporter énormément. Mais avant de lui confier une situation patrimoniale complète, posons-nous quelques questions simples : Quelles données lui donnons-nous ? Où vont-elles ? Qui peut les utiliser ? Nous demandons à nos clients de nous confier leur patrimoine, leur famille, leurs revenus, parfois leurs projets les plus personnels. Cette confiance nous oblige.

Empiler n’est pas diversifier

Et finalement, tout cela renforce une conviction : le CGP doit plus que jamais devenir le chef d’orchestre du patrimoine de son client. Face à une offre de plus en plus large, son métier n’est pas d’empiler les solutions. C’est de les orchestrer. Diversifier réellement. Décorréler les actifs. Gérer la liquidité. Adapter les horizons de placement. Et parfois savoir dire non.

Petit clin d’œil d’ailleurs à Jean-François Filliatre, qui animait un débat autour de la concentration de la collecte sur les SCPI avec une question que j’ai trouvée particulièrement intéressante : « Sommes-nous en train de recréer la crise passée ? » Excellente question. Parce que diversifier, ce n’est pas posséder dix produits différents qui réagissent tous de la même manière. C’est construire un patrimoine capable de traverser plusieurs scénarios.

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