OAT à 5 % : à quels impacts s'attendre ?

Un essayiste qui avait vu venir le « moment Liz Truss » de la France, un banquier qui chiffre l’impact sur le crédit immobilier, des conseillers qui parlent de « changement de régime »… Avec l’OAT à 10 ans à 5 %, une première depuis 2002, la dette française s’invite dans les patrimoines. Voilà de quoi faire le buzz !

Rivaton croit plus à l'ajustement qu'à la "chatte à Dédé"

C’était un seuil symbolique : mi-octobre, l’OAT à 10 ans a franchi les 5 %, du jamais vu depuis 2002. Et le post qui a le plus fait réagir vient de quelqu’un qui l’avait vu venir. Robin Rivaton, patron de Stonal et chroniqueur, rappelle qu’il annonçait dès juillet 2025 un « moment Liz Truss » pour la France, en référence à la crise obligataire britannique de 2022. Son article pédagogique sur la dette totalise 861 réactions, 103 commentaires et 81 partages.
Ses scenarii pour l'avenir ? La chatte à Dédé, l'ajustement (scenario central) ou l'accident politique transformé en accident monétaire. En commentaire, Alix de Renty, ex Oddo BHF, rappelle que la crédibilité budgétaire se joue dans la durée, au-delà des échéances politiques.

Effondrement à venir sur la promotion immobilière et le crédit

Côté immobilier, David Chouraqui, DG de Crédit Agricole Services Immobiliers, chiffre l’impact (25 réactions, 8 commentaires) : chaque point d’OAT en plus, c’est 1,4 point de plus sur le crédit immobilier.
Si tel est le cas, les taux du crédit vont littéralement exploser ! Selon Crédit Logement, le taux moyen des crédit est passé de 3,17 % en décembre 2025, à 3,40 % en décembre dernier. Pendant le même temps, l'OAT progressait de 3,60 à 4,83 %.  
Et celà ne tient pas compte des fluctuations importantes connues au mois d'octobre. Nicolas Berthelot, directeur du développement du Groupe Alcena, craint une nouvelle « annus horribilis » pour le secteur de l'immobilier.

Bienvenue dans un autre monde

Pour Cyril Dary, CGP, c’est un « changement de régime » : risque de taux, risque fiscal et risque de liquidité redeviennent centraux dans les allocations. Avec de potentiels mouvements sur l'allocation de l'épargne.
Cyrille Restie, de Centaure Investissements, résume d’une formule : « les marchés ont noté la France avant Moody’s ». Fin octobre, l’agence a finalement maintenu la note et l’OAT est repassée sous les 5 %, mais avec une perspective toujours négative. 

Du côté de la rédaction  d'Et + Encore, on s'interroge les conséquences de cette nouvelle donne. Par exemple, sur la compétitivité des fonds en euros, y compris avec les bonus, sur les valorisations immobilières ou du non côté, sans oublier les portefeuilles des assureurs. Va-t-on par exemple revoir des pénalités en cas de transfert de PER... 

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