Lagarde mieux que Draghi ?
Christine Lagarde a annoncé son départ de la BCE. Nous avons comparé son bilan à celui de son prédécesseur, l’adulé Mario Draghi, au regard des objectifs fixés à chaque mandat.
La réunion de la Banque centrale européenne du 29 octobre 2026 n’a réservé aucune surprise ni sur le statu quo sur les taux, ni sur une éventuel positionnement de l’institution sur l’épineux dossier du spread français. Histoire sûrement de rompre la monotonie, Christine Lagarde a annoncé son départ de l’institution, le 7 février 2027, neuf mois avant la fin de son mandat. Une demi-surprise, une rumeur insistante l’annonçant prendre le forum de Davos.
Soucieuse de retrouver sa liberté de parole, l’ancienne patronne du Fonds monétaire international part « avec le sentiment du devoir accompli ». Question : a-t-elle mieux fait le taf que son prédécesseur, l’adulé Mario Draghi ? L’Italien a présidé la BCE, les huit ans de son mandat, de novembre 2011 à octobre 2019. Comme Lagarde a pris la suite en novembre, ses statistiques couvrent en réalité un peu moins de sept ans.
2021, les objectifs changent…
Histoire de comparer les performances honnêtement, il faut se rappeler les objectifs ont aussi bougé. Certes à la différence de la Federal reserve américaine, où inflation et emploi se côtoient, le mandat accordé sur la zone euro se focalise sur la hausse des prix. Jusqu’en 2021, la BCE visait une inflation « inférieure à, mais proche de, 2 % ». Depuis juillet 2021, la cible est de 2 % symétrique, une stratégie confirmée en juin 2025 avec davantage d’analyses de scénarios.
Pour évaluer les deux dirigeants, nous sommes partis de l’IPCH, l’indice des prix harmonisés de la zone euro. Mario Draghi a eu une inflation moyenne de 1,19 %. Dans 74 % des cas, il a été sous le niveau des 1,8 %. Christine Lagarde, elle, affiche un score moyen de 3,39 %. Et dans 55 % des analyses mensuelles, elle a été au dessus de 2,2 %.
Plus souvent dans les clous, mais avec trois fois plus d’inflation
En revanche, si l’on se focalise sur la zone 1,8 – 2,2 %, Lagarde bat nettement Draghi, avec 20,5 % des mois, contre 12,5 % pour Draghi. Pour la postérité, elle aura toutefois une lacune, ne pas avoir prononcé le « whatever it takes » de 2012, pour éviter l’explosion de la zone euro…
Le graphique de l’évolution de l’inflation sur presque deux décennies nous livre quelques enseignements. D’abord, que l’économie tient plus souvent d’un mouvement de balancier, avec des excès, que du respect d’un point d’équilibre. D’autre part, que l’évolution de l’objectif de la BCE de 2021 n’est pas neutre. Longtemps négligée dans les approches patrimoniales, après avoir été jugée comme éradiquée, l’inflation fait bien son retour, avec un effet boule de neige amplificateur. Sous Draghi, elle a progressé de 9,2 %. Et sous Lagarde de 27,4 % soit trois fois plus !














