Pourquoi explorer le territoire des petites valeurs internationales ?
Il y a trois quarts d’Amérique dans le MSCI World, contre un peu moins des deux tiers dans le baromètre des petites valeurs internationales. Cet univers se distingue surtout par les secteurs couverts. D’où son intérêt dans une logique de diversification. Explications de Tony César, directeur commercial France de Janus Henderson.
Edge n’est pas uniquement un navigateur de Microsoft. C’est aussi un outil d’analyse de portefeuille développé par Janus Henderson et offert aux conseillers en gestion de patrimoine inscrits sur le site du gestionnaire anglo-saxon. Depuis qu’elle a débarqué il y a quatre ans sur le marché retail français avec une stratégie discrète, la maison en a fait le premier pilier de son intervention. Plus de 30 000 portefeuilles européens y sont déjà passés, dans une base anonyme qui compare chaque allocation à celle des confrères. La leçon ? Des biais géographiques, nationaux parfois. Sur la planète boursière, les investisseurs - et les conseillers - peinent à déplier la carte des possibilités. Directeur commercial France depuis quatre ans, Tony César en tire une mission : « rediversifier les portefeuilles ».
Même océan, autres courants
Pour diversifier, le MSCI World est souvent présenté comme la solution. Mais ne serait-il pas un trompe l’oeil ? Certes, il couvre le monde, mais seulement des grandes valeurs. Sans oublier qu’il est composé d’environ 75 % de titres américains, avec une vaste étendue de technologies de l’information et de services. Une diversification donc bien plus de façade que réelle. Les petites valeurs, elles, ne mènent pas pour autant dans un autre hémisphère. L’univers reste d’abord américain, à plus de 62 %. C’est en effet aux Etats-Unis que le gisement est le plus vaste. L’Europe pèse une trentaine de pourcents et l’Asie complète le tableau. Sur le papier, la géographie ressemble donc à celle des grandes capitalisations, avec un peu plus de place pour le Vieux Continent et l’Asie. Le vrai changement de cap se joue dans les secteurs. Là où l’indice large cap empile technologies et services, les petites valeurs surpondèrent les matières premières et l’industrie. Des rivages utiles dans une approche diversifiée.
L’horizon de la fin de la décote s’est rapproché
Restent les arguments qui fâchent. Déjà, il y a la fameuse décote des petites valeurs qui dure depuis des années, au point que l’on finirait par la croire éternelle ! Pour Tony César, les chiffres bougent pourtant : l’écart avec les grandes capitalisations atteignait 30 % il y a deux ou trois ans, il tourne autour de 12 % aujourd’hui. Autres griefs éventuels : les petites valeurs seraient plus cycliques que les grandes ? Et plus difficiles à revendre ? Chez Janus Henderson, on n’esquive pas le sujet : la liquidité est la clé de ce marché et les taux actuels comme la hausse des matières premières impactent ces entreprises. « Il faut être encore plus sélectif dans cette appréciation des sociétés ». La stratégie Global Smaller Companies part de près de 6 000 valeurs et n’en garde que 120, choisies pour la solidité de leur bilan et la liquidité de leurs titres. Une gestion de conviction, assumée.
A noter, Janus Henderson possède aussi une stratégie Pan-European Smaller Companies, l’une de ses plus anciennes. Ollie Beckett, le commandant du navire est en poste depuis plus de vingt ans ! Cette approche a rencontré de beaux succès auprès des institutionnels, mais n’est pas référencée partout. Pour la gestion de patrimoine, Tony César préfère la stratégie la plus diversifiante, la mondiale. Pour diversifier, mieux vaut parfois changer de carte que de cap.














