Le regard d'Hélène sur la défiscalisation
Votre client veut payer moins d’impôts. Est-ce une raison suffisante pour lui faire acheter un produit de défiscalisation ? Qu’en pensez-vous ? Voici le regard d'Hélène.
Entre les coups de rabot successifs du gouvernement, la réduction des avantages fiscaux et les dispositifs qui perdent progressivement de leur attractivité, une question se pose d’abord : existe-t-il encore de véritables produits de défiscalisation ?
Faisons un rapide tour d’horizon des solutions actuelles.
- En immobilier, le Pinel est mort. Aujourd’hui, le dispositif Jeanbrun prend le relais avec son mécanisme d’amortissement fiscal. Il reste aussi le Malraux le Monument Historique ou le déficit foncier par exemple.
- Côté forêts, les GFI et GFF offrent encore des possibilités d’avantages fiscaux avec une réduction d’impôt sur le revenu et aussi en matière de transmission.
- Et côté financier ? Girardin industriel, SOFICA, FCPI, investissements dans les PME et les jeunes entreprises innovantes, sans oublier le PER.
Penser fiscalité ne rime pas toujours avec défiscalisation
Alors oui, les solutions existent encore. Question : sont-elles toutes réellement pertinentes ?
Votre client vous demande donc une solution pour réduire ses impôts. Il veut investir dans un produit défiscalisant. Et si vous n’y croyez pas ? Si vous jugez que le produit n’est pas pertinent, que le risque est trop important ou que l’avantage fiscal masque une réalité économique beaucoup moins séduisante ? Pour moi, le rôle du CGP n’est pas de vendre une réduction d’impôt. C’est de défendre l’intérêt patrimonial de son client.
D’où ma réflexion : et si on arrêtait de chercher systématiquement un produit de défiscalisation ? Prenons un client qui détient un bien immobilier locatif et souhaite préparer sa transmission à ses enfants. Pourquoi ne pas étudier, parmi d’autres possibilités, une vente de ce bien à une SCI familiale financée par emprunt bancaire ? Selon la situation familiale, fiscale et patrimoniale, ce type de montage peut permettre d’organiser la transmission progressive des parts et de prendre en compte l’endettement dans leur valorisation. Dans certaines conditions, si la SCI est à l’impôt sur le revenu et loue le bien nu, les intérêts de l’emprunt peuvent également être déduits des revenus fonciers. Attention, ce n’est pas une solution miracle : il faut examiner la plus-value éventuelle, les frais, le financement, la réalité économique de l’opération et ses conséquences pour chaque membre de la famille.
Le job n'est pas de signer l'ordonnance amenée par le client
Mais c’est justement cela, notre métier : étudier des stratégies globales plutôt que chercher systématiquement un produit fiscal. Moi, j’ai une conviction : un CGP qui vend un produit auquel il ne croit pas, sous prétexte que le client demande ou que la commission est belle, n’est plus dans le conseil. Il est dans la distribution. J’assume : notre métier n’est pas de satisfaire toutes les demandes de nos clients. C’est parfois de les contrarier, de leur expliquer qu’une économie d’impôt ne fait pas forcément une bonne opération patrimoniale.
Et surtout, d’avoir le courage de dire NON. Parce qu’au fond, la vraie valeur ajoutée d’un CGP, ce n’est pas de faire économiser des impôts à tout prix. C’est de faire gagner du patrimoine à ses clients. Avec de la performance et après impôts évidemment !













