Fusion LFDE - LBPAM : coup gagnant pour les CGP…
La fusion entre La Financière de l’Échiquier et La Banque Postale Asset Management n’est pas une simple opération de taille. Pour Olivier de Berranger, directeur général de LFDE, c’est le choix de la distribution externe et d’une gestion active. De quoi séduire les conseillers en gestion de patrimoine.
La Financière de l’Échiquier a trente-cinq ans. La maison a été fondée entre autres par Didier Le Menestrel sur un ADN simple : des actions de conviction et des portefeuilles concentrés. Historiquement, sur les petites et moyennes capitalisations d’abord françaises, puis européennes, avant de s’être ouvert au monde lors de la dernière décennie. De l’autre côté de l’échiquier, La Banque Postale Asset Management. Une maison un brin plus âgée, puisque Sogeposte, son ancêtre, vit le jour en 1988 ! Depuis, la société de gestion s’est développée misant à la fois sur les marchés cotés, notamment en gestion quantitative smart béta, en crédit à valeur ajoutée et en multigestion, mais en s’ouvrant aussi au non coté, avec l’European Private Market. Deux histoires, deux cultures, et désormais un ensemble qui va avancer ses pions sous une seule couleur.
Le nom comme programme
La décision de fusionner, Olivier de Berranger l’assume sans détour : « Si on voulait faire l’étape suivante, c’est-à-dire continuer à se développer sur la clientèle externe, il fallait rassembler nos forces. ». Sachant qu’à l’heure de la course à la taille, les enjeux européens sont toujours prégnants dans l’industrie. Ce n’est pas par hasard que la maison a Aegon Asset Management à hauteur de 25 % dans son capital au côté de la Banque Postale. L’union des marchés de capitaux fut un échec, l’union pour l’épargne et l’investissement pourrait donner une chance à un marché unifié, opportunité économique majeure pour les sociétés de gestion. Mais ça, ce n’est pas le sujet des CGP aujourd’hui !
En revanche, la première décision stratégique de cette opération est un point capital pour eux : le choix de nommer la future structure avec le nom LFDE. Pas par nostalgie. Par logique de développement. La Financière de l’Échiquier est déjà implantée au Benelux, en Suisse, en Italie, en Espagne, en Allemagne. LFDE est déjà bien ancré dans les esprits, tout comme LFDI dans les pays anglo-saxons.
Vous avez dit « investment managers »
Deuxième choix, plus subtil : le suffixe « investment managers » plutôt qu’« Asset Management ». La nuance n’est pas que sémantique. « Asset management », c’est large, installé, presque anonyme. « Investment manager » dit autre chose : plus sur mesure. Un positionnement qui colle à ce que la nouvelle entité veut incarner : « Pas un gérant global qui fait tout et n’importe quoi, mais un multispécialiste avec des convictions,» lâche Olivier de Berranger.
Ces choix initiaux en termes de vocabulaire en disent en effet long sur la philosophie de gestion. Gestion active ou gestion de conviction ? Nous avons été amené à parler du sujet à l’occasion de la publication d’un livre blanc. Pour Olivier de Berranger, le débat est mal posé : « L’un ne va pas sans l’autre. La conviction, c’est l’ADN historique de ces maisons. Mais aujourd’hui, au vu de la violence des retournements sectoriels et de l’incertitude générale, vous êtes forcé d’avoir une gestion de conviction qui reste active.»
Échiquier Absolute Return Credit a montré la voie
Pour les conseillers en gestion de patrimoine, le message de cette fusion est pratique, avant d’être stratégique. Ils travaillent déjà avec LFDE ? Ils gardent leurs habitudes. Mais la gamme s’élargit : aux actions de conviction historiques s’ajoutent désormais du crédit structuré, du smart beta, des solutions multi-actifs, mais aussi les actifs privés, axe de développement jugé prioritaire. La stratégie n’a pas attendu la fusion pour commencer à être développée. Un fonds de performance absolue sur le crédit existait chez LBPAM sous le nom « LBPAM Absolute Return Credit ». Rebaptisé « Échiquier Absolute Return Credit » pour le marché de la distribution, il a été lancé en septembre. Résultat : plus de 150 millions de collecte en quelques mois. Comme quoi, ce nom, cette marque a de la valeur… Echec et mat !













