PER : un tunnel à… choix multiples
Le Plan d'épargne retraite traîne une réputation de coffre-fort sans clé : on y verse, on n'y touche plus avant la retraite. Pour Nicolas Fleuriot, directeur du développement de l'UMR, filiale du Groupe VYV, ce n’est qu’un mythe. L’occasion de regarder les différentes stratégies, notamment en fonction des règles fiscales. Car ce produit se pilote, étape par étape, à chaque âge de la vie.
Le PER a longtemps souffert de son image de tunnel : on y entre, on n'en ressort qu'à la retraite. « C'est un effet semi-tunnel », corrige Nicolas Fleuriot, directeur du développement de l’UMR -Groupe Vyv. Pour un jeune actif, la première porte de sortie est connue : l'achat de la résidence principale.
Les autres relèvent des coups durs — décès du conjoint ou du partenaire de Pacs, surendettement, invalidité, expiration des droits au chômage, liquidation judiciaire d'une activité non salariée. Une septième porte vient de s'ouvrir : la loi du 12 juin 2026, entrée en vigueur le 14 juin, ajoute le cas de l'enfant à charge frappé par une affection grave, un handicap ou un accident d'une particulière gravité. « Nouveau motif de sortie qui rassure effectivement les épargnants », observe le dirigeant de l'UMR.
Péage différent selon les sorties de secours
Sur ces sorties de secours, la fiscalité reste mesurée : 18,6 % de prélèvements sociaux sur les seules plus-values, contre 17,2 % auparavant. La hausse, votée dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, découle du relèvement de la CSG de 9,2 % à 10,6 %. Une pénalité qui vise l'épargne retraite mais pas l'assurance-vie, restée à 17,2 %. « Ce n'est pas un game changer », tranche Nicolas Fleuriot : à ses yeux, le paramètre pèse peu face à la force de l'intérêt composé et à la déductibilité des versements, elle-même indexée. Car les plafonds suivent le plafond annuel de la Sécurité sociale (48 060 euros en 2026) et progressent chaque année. « Elle a la chance d'avoir un corps vivant, y compris dans sa fiscalité », résume-t-il. Une précision : la fiscalité diffère pour le seul cas de la résidence principale. Si les versements sur le PER ont profité de la déductibilité fiscale, le capital sera taxé comme un revenu et les plus-values, sur option à l’impôt sur le revenu majoré des prélèvements sociaux, ou au prélèvement unique forfaitaire de 31,4 %.
La déductibilité, parlons-en ! La loi de finances pour 2026 porte de trois à cinq ans le report des plafonds de déduction non consommés. Le plafond 2025 restera mobilisable jusqu'en 2028, celui de 2026 jusqu'en 2031. De quoi absorber une prime exceptionnelle ou rattraper une épargne démarrée sur le tard — mutualisable, en prime, avec le plafond du conjoint. Reste le choix, à l'entrée, entre versements déductibles ou non : un jeune peu imposé, ou un épargnant ayant déjà saturé ses plafonds, a intérêt à renoncer à la déduction pour ne subir, à la sortie, que le prélèvement forfaitaire unique à 31,4 % sur les seules plus-values.
Ne pas sortir du tunnel, une stratégie de senior
Depuis 2026, les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles. Cette mauvaise nouvelle à un effet paradoxal : encourager la créativité patrimoniale. En un mot, il faut réfléchir pour revoir la stratégie des épargnants dans les quelques années précédant cet âge. Notamment en tenant compte de l’allongement du report. Il y a là un fort gisement pour inciter aux versements. Après 70 ans, tout n’est pas terminé. Sans déductibilité, alimenter un PER peut conserver son intérêt. Le fonds euro a vocation à être souvent plus performant qu'en assurance-vie, en raison de placements à plus long terme. Sans oublier que les prélèvements sociaux ne sont prélevés qu'à la sortie alors que l'assurance-vie les ponctionne chaque année.
Reste une dernière option, la plus radicale : ne jamais sortir. Nicolas Fleuriot l'avait résumé, lors d'un précédent échange, en une formule : « Ce n'est pas bête de mourir avec son PER ». Il complète aujourd'hui l'argument fiscal : « le report d'imposition, il est définitivement acquis. Il n'y a plus d'imposition puisqu'il n'y a pas de retrait ». Le PER, un tunnel ? Pas de raison d’avoir peur à condition d’être bien éclairé !













