Le meilleur modèle économique pour les CGP
Sur les réseaux sociaux, un conseiller en gestion de patrimoine affiche clairement : pas question pour lui de traiter un client s’il n’a pas un ticket d’entrée de 250 000 euros. Mais c’est quoi, le bon modèle économique ?
Sur les réseaux sociaux, plusieurs CGP partagent leur modèle économique et expliquent pourquoi ils ne peuvent pas accompagner des clients en dessous d’un certain montant de ticket d'entrée. De votre côté, vous posez la question : quel est le modèle idéal pour un CGP ?
Ma première réponse ? Le modèle idéal se résume-t-il à un ticket d’entrée ?
Le mois dernier, nous avons parlé des honoraires, des frais d’entrée, des rétrocessions. Nous avons vu qu’il n’existe pas un modèle parfait. Il existe des modèles cohérents, adaptés à chaque CGP. Allons donc plus loin.
Est-ce que le modèle d’un CGP doit se construire uniquement en fonction de la rentabilité ? du temps disponible ? du niveau d’expertise ? du positionnement marché ? de la typologie de clientèle ciblée ? Ou doit-il aussi intégrer une réalité très concrète : les coûts structurels de notre métier.
Amateur de technicité, de contact, de technologie ?
Parce qu’aujourd’hui, être CGP, ce n’est pas seulement conseiller. C’est assumer des coûts réglementaires croissants, des exigences de conformité toujours plus fortes, des assurances, des contrôles, des cotisations, des outils performants : CRM, logiciels de conformité, signatures électroniques, cybersécurité, et d’Intelligence artificielle. Et si l’on recrute… des charges salariales et patronales importantes. Autrement dit : le modèle idéal ne peut pas être déconnecté de l’équation économique réelle. Sachant de l’objectif de tous est à minima de vivre de son activité !
Mais au-delà des chiffres, il y a encore une autre dimension. Les valeurs. Car derrière chaque modèle économique, il y a une vision du métier, une façon d’accompagner, une conception de la relation client. Certains défendent l’exigence et la technicité, d’autres portent la transmission et l’accessibilité, d’autres encore placent la proximité et l’accompagnement long terme au cœur de leur engagement. Et c’est là que tout se joue.
Quand le CGP devient désaligné
Si vous dites que votre priorité est la qualité du temps passé avec vos clients, alors vous ne pouvez pas avoir trop de clients. Sinon, vous vous trahissez.
Si vous choisissez de développer une équipe, vous devez accepter que votre modèle finance durablement des salaires, des charges, du management. Sinon, la structure devient fragile.
Si vous voulez rendre le conseil patrimonial accessible à un plus grand nombre, vous devez bâtir une organisation efficace, digitalisée, capable d’absorber du volume sans sacrifier la qualité.
Chaque valeur impose une discipline économique. Chaque ambition impose une cohérence financière. Le modèle idéal ne se copie pas. Il ne se décide pas uniquement à partir d’un tableau Excel. Mais il ne peut pas non plus ignorer la réalité des coûts. Il se construit à la croisée de trois éléments : votre vision, vos valeurs, votre structure économique.
Un CGP désaligné économiquement s’épuise. Un CGP désaligné avec ses valeurs se vide de sens. Un CGP aligné construit dans la durée. Plutôt que de chercher le modèle idéal, visez plutôt le modèle à la fois viable… et fidèle à qui vous êtes !


