Banque de France : Emmanuel Moulin, mal nommé, doit faire ses preuves.
52 pour, 58 contre selon le vote des commissions des finances des deux chambres, le 20 mai 2026. Emmanuel Moulin est donc nommé gouverneur de la Banque de France, à compter du 1er juin, car la Constitution exige 60% des suffrages exprimés contre pour s’opposer à la proposition du Président de la République. En 2015, François Villeroy avait eu droit à une tribune courroucée d’économistes et… une quasi-unanimité au Parlement. Emmanuel Moulin a, de son côté, subi les conséquences de la dissolution de juin 2024.
Techniquement, Emmanuel Moulin a le profil d’un banquier central. Sciences Po, ESSEC, ENA. Carrière entamée à la Banque mondiale, puis au Trésor. Mais l’image d’« en même temps » collée à la peau : directeur adjoint de cabinet de Christine Lagarde à Bercy, conseiller économique de Nicolas Sarkozy à l'Élysée, directeur de cabinet de Bruno Le Maire, directeur du Trésor, directeur de cabinet de Gabriel Attal, secrétaire général de l'Élysée sous Emmanuel Macron. Un poste quitté quinze jours avant sa nomination ! Contrairement à son prédécesseur, peu de passage dans le privé : Citigroup, puis Eurotunnel et Mediobanca, durant le quinquennat Hollande.
Emmanuel Moulin s’est confronté au principe du vote et a été mal nommé : il devra donc démontrer son côté « homme libre ». Notamment pour porter une vision française sur le vieux continent. Car le mandat de Christine Lagarde à la Banque Centrale Européenne court jusqu'au 31 octobre 2027. Et son départ pourrait être anticipé... Si la France veut faire entendre sa voix, elle aura besoin d’être crédible.








