CGP : avez-vous envie de (re)devenir banquier ?
Les CGP leur ont pris d'innombrables clients car ils savaient pas les traiter correctement ! Gare, en grossisssant à ne pas tomber dans leurs travers...
On entend partout la même phrase : « Le marché des CGP se concentre. » Mais derrière ce mot, il y a en réalité deux phénomènes très différents : la concentration… et la consolidation.
La concentration, c’est quand le marché se réduit autour de quelques acteurs plus gros. Plus de taille. Plus de moyens. Plus de puissance de distribution. La consolidation, elle, devrait être différente. Elle consiste à renforcer un cabinet : mieux s’organiser, mieux accompagner, mieux sécuriser, mieux transmettre, mieux servir le client. Autrement dit : la consolidation devrait améliorer la qualité. Pas industrialiser la relation.
Mon regard se résume en une question : est-ce que les CGP sont en train de devenir ce qu’ils ont justement remplacé ?
Je rembobine le film : pendant le Covid, beaucoup de clients se sont sentis abandonnés par leur banque. Des agences fermées. Des conseillers injoignables. Des plateformes téléphoniques. Des réponses standardisées à des situations qui, elles, étaient profondément humaines. Et c’est là que les CGP ont pris une place majeure.
Pourquoi ? Parce qu’un CGP répondait au téléphone. Parce qu’il rappelait ses clients. Parce qu’il prenait le temps d’expliquer. Parce qu’il connaissait les familles, les projets, les inquiétudes. Le développement du marché des CGP ne vient pas seulement de la performance financière. Il vient d’un déficit de relation humaine laissé par les banques.
C'est physique : la taille fait perdre de l'agilité
Et aujourd’hui, le paradoxe est là. Le marché grossit. Les cabinets se structurent. Des groupes se créent. Des rapprochements s’opèrent. Mais attention à ne pas tout mélanger. Le vrai risque aujourd’hui, c’est quoi ? Que les CGP deviennent progressivement… des mini-banques. Avec des process partout, des plateformes impersonnelles, des clients segmentés, des rendez-vous chronométrés, et une relation qui perd ce qui faisait sa valeur.
Or, la force historique du CGP, ce n’est pas d’être une banque plus petite. C’est d’être plus proche. Plus agile. Plus accessible. Plus humain. Oui, un cabinet doit se structurer. Oui, il faut de la conformité. Oui, il faut des outils, de l’IA, des process et de la rentabilité. Mais il ne faut jamais oublier pourquoi les clients sont venus chez les CGP. Ils ne cherchaient pas seulement un produit. Ils cherchaient un interlocuteur de confiance. Et demain, les cabinets qui gagneront ne seront pas forcément les plus gros. Ce seront ceux capables de grandir… sans perdre leur ADN.
Parce qu’au fond, le sujet n’est pas : “Comment devenir une banque ?” Mais plutôt : “Comment rester un vrai CGP… tout en changeant d’échelle ?”













