Dossiers chauds pour les CGP : les réponses franches d’Yves Mazin

Président de la CNCGP depuis juin 2025, Yves Mazin a fait la tournée des médias à l’occasion de la prochaine édition du Midsommar. Sur le plateau d’Et + Encore, on a fait le choix de lui parler surtout contrôle des distributeurs par les producteurs, dérapages sur les structurés et encore mode de la consolidation…  

On ne parle plus de la Retail Investment Strategy (RIS), même si elle continue d’être tricotée en coulisses. Mais la question des rétrocessions reste sur le devant de la scène : elle a même pris un tour nouveau depuis les dernières sanctions de l'Autorité des marchés financiers (AMF). Des producteurs ont ainsi été sanctionnés avec l’argument suivant : pas de commission sans amélioration de la qualité de service et comme c’est le producteur qui rétrocède, c’est à lui de contrôler ! Va-t-on donc pouvoir vous demander des comptes ? Genre vérifier des rapports d’adéquation et autres joyeusetés ?

Pour Yves Mazin, les choses sont claires : « Les associations professionnelles contrôlent déjà les CGP sur leurs pratiques, tant sur la mise en place des procédures que sur les rapports d’adéquation. ». Pas question donc de voir les producteurs venir sur ce territoire. Et le président de la CNCGP de préciser sa pensée à l’heure des discussions avec l’Association Française de la Gestion sous la houlette de l’AMF. Pas besoin d'inventer une architecture supplémentaire autour d'un sujet qui a déjà ses propres règles : « pas de sujet pour nous à montrer la traçabilité de l’amélioration de service. »

La pondération, bonne conseillère sur les structurés

Second dossier chaud : les structurés. Le premier rapport du pôle commun de l’Autorité de contrôle prudentiel (ACPR) et de l’AMF, en 2025, a pu laisser croire que les gendarmes donnaient un satisfecit au produit. Il faut dire que juger les structurés dans un marché haussier sans constater de pépins, c’est aussi évident de ne pas en trouver en dégustant une clémentine de Corse ! Depuis, l’Agefi a sorti le dossier Stellantis, avec plus de 2,5 milliards d’encours. Le cas d’école du produit à haut risque : basé sur une seule action, avec un décrément en points. Un mécanisme qui amplifie le recul dans l’hypothèse d’une baisse de l’action. Comme un effet boule de neige à l’envers. De quoi potentiellement mettre les CGP en difficulté. Yves Mazin veut être clair : « les produits structurés sont distribués par tous les acteurs et les banquiers n’échappent pas à la règle ! Il y a des risques. Il faut qu’ils soient bien expliqués tant par les producteurs que par les distributeurs ». Dans un métier où la diversification est souvent mise en avant auprès des clients, la pondération est de rigueur. « Et c'est valable pour toutes les classes d'actifs parce qu'aujourd'hui, c'est les structurés. Hier, c'était les SCPI et demain, ça sera une nouvelle classe d'actifs ».

La technologie, facteur de succès pour les petits CGP

Un consolidateur nous susurrait l’autre jour : « les rachats trainent, en particulier en raison du retraitement des chiffres d’affaires structurés ». Car non, ce n’est pas du récurrent… A la tête d'un cabinet bordelais d'une dizaine de collaborateurs, Yves Mazin a entendu ces sirènes de certains. Mais il n'a pas embarqué. L’occasion de voir avec lui la place des « petits acteurs ». « L’indépendance, c'est l'ADN de notre métier. Être au contact régulier, très proche de ses clients, ça fait partie de ce que nous sommes. La consolidation répond a des logiques économiques réelles — je ne les nie pas — mais oui, on peut rester indépendant. », répond-il sans détour pour justifier son choix personnel.

Ce qui rend la chose possible aujourd'hui ? Les outils. Les plateformes métiers, les accélérateurs de process, permettent de réduire drastiquement le temps passé sur les tâches administratives. Moins de back-office, plus de client. Le cabinet indépendant n'a pas besoin de grossir pour être compétitif — il a besoin d'être bien équipé. L’intelligence artificielle est une opportunité extraordinaire, comme l'ont été les outils métiers de la génération précédente. Sa préconisation : l'IA dans les taches sans valeur ajoutée, oui. En pensant bien à la protection des données et au risque cyber. L'outil ne pense pas à la place du conseiller. Encore heureux.

Bonus : Le bilan de l'année de la CNCGP à la veille du MidSommar

Yves Mazin tire un bilan offensif de sa première année a la tête de la CNCGP. Cap sur les affaires publiques en priorité avec le recrutement de Céline Finon comme directrice. Point d'orgue de l'année : une audition à l'Assemblée nationale par la Commission sur les hauts revenus. L’occasion de rappeler aux députés que le métier du CGP, c'est accompagner des investisseurs dans la construction de leur patrimoine, pas défiscaliser. Autre chantier lancé : l'accompagnement 360°. L'idée ? Rendre visibles et lisibles les services de la Chambre pour des adhérents. Lancement prévu au Midsommar 2026.
A nouveau cette année, il y aura deux lieux et deux temps. Maison de la Mutualité pour le temps business : restitution des travaux des commissions, échanges entre adhérents et permanents, collecte des attentes du terrain. Puis Museum d'Histoire Naturelle pour la soirée ! Avec, en prime, une fan zone aménagée pour regarder France / Sénégal dans le cadre de la Coupe du Monde. Toujours s’intéresser aux préoccupations du terrain…
Inscription : https://www.midsommar-du-patrimoine.fr/

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