La Compagnie CIF : le nouveau capitaine garde le cap
Après trois mandats consécutifs, Philippe Feuille cède la barre de la Compagnie CIF à Pierre-Yves Dittlot. Avec un conseil d'administration remanié, le nouveau président entend poursuivre dans la lignée. Même si professionnellement, il navigue d’habitude dans des eaux différentes, notamment celles des cryptoactifs.
Trois mandatures, c'est la limite statutaire à la Compagnie CIF. Philippe Feuille, à sa tête depuis 2017, devait donc laisser son poste. Son successeur, nommé fin juin 2026 ? Pierre-Yves Dittlot. Il connaît déjà le navire de l'intérieur : administrateur puis trésorier du bureau sortant, il en devient désormais le capitaine. Le conseil d'administration se renouvelle en partie, avec une parité recherchée, sans être imposée par les statuts. Laure Pinon et Françoise Leperlier montent ainsi à bord, au sein d'un équipage de désormais sept administrateurs. Côté personnel : Marianne Zanchi a pris la barre de la délégation générale, succédant à Patricia Pietriga.
Le courant des cryptos
Entrepreneur dans la finance depuis une vingtaine d'années, passé par la gestion de fonds d'investissement puis par le conseil en gestion de patrimoine, Pierre-Yves Dittlot dispose aussi d’une expertise sur les cryptoactifs. Pas question pour autant d’en faire la boussole de l'association. Il n’empêche que dans l’environnement actuel, se pose la question des vents contradictoires entre le statut de conseiller en investissement financier (CIF) et les cryptoactifs. Cet été, l’autorité des marchés financiers (AMF) a pris position. Résumé de Pierre-Yves Dittlot : « aujourd'hui, un CIF ne peut pas faire de conseil sur cryptoactifs. C'est réservé justement aux détenteurs de l'agrément Prestataire de services sur cryptoactifs (PSCA). En revanche, un CGP peut conseiller un acteur qui lui-même a l'agrément PSCA. »
La nomination de Pierre-Yves Dittlot ne change pas la feuille de route de la Compagnie CIF : soutenir les CGP adhérents face à une bureaucratie jugée croissante pour qu'ils gardent du temps pour leurs clients plutôt que pour la paperasse. Parmi les outils envisagés, l'intelligence artificielle pourrait être un allié possible pour alléger certaines tâches administratives. Sur le style, la continuité est revendiquée. Philippe Feuille avait la réputation d'un président au verbe direct ; son successeur promet de tenir la même ligne. A suivre !
Vive les petites embarcations
Philippe Feuille s’en va (il reste tout de même administrateur), mais l’ancien président au verbe haut continue à la Compagnie des CGP, la fédération dont dépend la Compagnie CIF. Une fédération où, les conseillers en investissement pèsent de plus en plus suite à la perte, pour des raisons de représentativité, de l'agrément de la Compagnie IAS, l'association dédiée au courtage d'assurance. Un retrait que Philippe Feuille qualifie sans détour de « connerie monumentale » d'origine politique ! La fédération maintient malgré tout un accompagnement de ses adhérents multi-statutaires, grâce à des accords noués avec la CNCEF Assurance. Pour Philippe Feuille et Pierre-Yves Dittlot, la rentrée s'annonce mouvementée. Loi de finances, échéance présidentielle… Philippe Feuille appelle sobrement à « une politique de bon sens », histoire d’épargner artisans, commerçants, TPE et PME, « la plus grosse entreprise de France ». Sur la réglementation, qu'il juge trop souvent défavorable aux petites structures, il prend les vents de face : « La bureaucratie, c'est le nerf de la guerre de certains. Je pense qu'il faudrait qu'ils changent un peu de nerf de guerre. » En attendant, les rendez-vous régionaux de la Compagnie CIF continuent sans interruption jusqu'à la fin de l'année, façon de garder le contact avec l'équipage sur le terrain. Pour les associations professionnelles, dans l’environnement actuel, il faut toujours rester sur le pont.














