Royaume-Uni, cryptos, Tudigo, faux CGP : le mois qui bouscule les CGP
Un fondateur qui ressort, treize ans après le Royaume-Uni, le débat sur la fin des commissions, deux CIF qui s'écharpent sur ce qu'il reste du conseil crypto depuis le nouveau cadrage de l'AMF, un ex-dirigeant qui brise le silence sur la chute de Tudigo, une communauté de CGP vent debout contre les faux conseillers… Voilà de quoi faire le buzz !
Rémunérations : les leçons à tirer -ou pas - de la situation au Royaume Uni
Florian Freyssenet, fondateur de Next Gen Patrimoine & Collect, est revenu sur la Retail Distribution Review de 2012 : le Royaume-Uni a interdit les commissions versées par les sociétés de gestion aux conseillers. Ils doivent désormais facturer directement leurs clients.
Son post, qui a dépassé les soixante réactions et une douzaine de commentaires, dresse un bilan en demi-teinte :
- le nombre de conseillers est passé de quarante mille à trente et un mille en deux ans,
- un « advice gap » pour les clients qui refusent de payer des honoraires
- une transparence des frais en hausse.
Les réactions sont partagées.
- Yannis Ksantini y voit une bonne chose : les CGP devront enfin justifier leur valeur sans se cacher derrière les rétrocessions.
- À l'inverse, Olivier Ternamian dénonce une mesure qui profite surtout aux banques et assureurs, et parle même de collusion entre l'État et les grands groupes pour éliminer les petites structures.
Cryptoactifs : l'AMF explique aux CIF ce qu'il faire - ou ne pas faire !
Le 27 juillet, l'AMF a clarifié sa doctrine sur le règlement MiCA : conseiller sur les cryptoactifs exige désormais l'agrément PSCA. Le statut de CIF ne suffit plus.
Nicolas Martucci, CIF, juge dans son post ce cadre plus strict « plutôt sain » pour l'épargnant.
Dans un autre post, un débat oppose Christophe Bauquet, cofondateur de Nexinance, pour qui les CGP-CIF n'ont tout simplement plus le droit de parler crypto avec leurs clients. Un agrément PSCA coûtant au moins cinquante mille euros de fonds propres, il est hors de portée des petits cabinets.
Louis Alexandre de Froissard juge le propos exagéré : un CIF peut toujours donner une position générale sur une fourchette d'allocation, il perd seulement le droit de répondre à une sollicitation personnalisée.
Alerte si vous avez proposé du Tudigo à vos clients
Tudigo, plateforme de financement participatif agréée par l'AMF depuis 2023, a collecté 240 millions d'euros auprès de 40 000 investisseurs avant d'être placée en redressement judiciaire le 5 août.
Thierry Gaetan, fondateur d'une plateforme concurrente non régulée, s’en sert dans un post pour affirmer que l'agrément AMF ne protège pas les investisseurs, un post qui a généré 31 réactions mais surtout 22 commentaires, la plupart pour le contredire. Jérôme Glodas et Mathilde Iclanzan lui répondent que la régulation impose justement des contrôles réels.
Le vrai choc est venu d’un autre post, celui d'Alexandre Laing, cofondateur de Tudigo évincé en janvier. Sa longue lettre a dépassé les 260 réactions et 70 commentaires, un niveau d'engagement rare !
Il y détaille une crise de gouvernance associé à une collecte qui s’effondre.
Il alerte surtout les investisseurs : les frais de liquidation peuvent représenter jusqu'à 42 % du montant investi sur cinq ans pour les petits véhicules. De quoi vérifier dès maintenant l'exposition de vos clients.
Attention aux faux CGP : la leçon d'OmegaPro
Le Figaro a publié fin août une enquête sur OmegaPro, un système pyramidal international qui a fait des millions de victimes, dont des Français ayant perdu plusieurs centaines de milliers d'euros en espérant multiplier leur mise par quatre.
Relayé sur LinkedIn par un CGP Stéphane Veaux, l'article a recueilli 24 réactions et 25 commentaires, plus de débats que de likes, signe que le sujet a touché une corde sensible chez les CGP.
Stéphane Veaux résume sèchement : mieux valait consulter un vrai CGP autorisé en France.
Maxime Haffreingue, qui connaît des victimes, pointe un vrai sujet de fond, l'AMF avait retiré l'entité concernée de sa liste noire avant que l'affaire n'éclate.
Une piqûre de rappel utile à partager avec vos clients : toujours vérifier le statut d'un interlocuteur sur l'ORIAS ou le site de l'AMF avant de signer.












