Spirica à l'assaut de la barre des 5 milliards

En 2024, la barre de la collecte brute était à 3 milliards. En 2025, elle est passée à 4. Pour 2026, Anaïd Chahinian, directrice générale de Spirica, la filiale de Crédit Agricole Assurances, vise plus haut encore : 5 milliards. Le premier semestre lui donne déjà raison. Explications de cette performance.

Bubka, Lavillenie, Duplantis… Les champions de saut à la perche ne cessent de faire monter les barres. Chez Spirica, filiale de Crédit Agricole Assurances, la barre grimpe aussi sans à-coups depuis l'arrivée d'Anaïd Chahinian à la direction générale, en janvier 2024. 3 milliards d'euros de collecte brute cette année-là. 4 milliards en 2025. Et pour 2026 ? 5 milliards ? « J'espère bien, c'est un minimum. On vise un peu plus que ça, voire beaucoup plus que ça », lance-t-elle, sans détour. Le premier semestre confirme l'élan. Sur les réseaux CGP, la croissance frôle les 47 % par rapport à la même période l'an dernier. Certains partenaires, eux, ont carrément doublé leur collecte.

ETF et titres vifs donnent de l’impulsion

Le métier de Spirica, la directrice générale le résume simplement : construire des contrats sur mesure pour des distributeurs qui n'ont ni les mêmes clients, ni les mêmes attentes. Actuellement la dynamique se trouve du côté des ETF, ses fonds indiciels cotés, et des titres vifs. Un mouvement né d’internet et de la demande des jeunes générations. L'encours ETF atteint aujourd'hui 1,5 milliard d'euros, sur une gamme forte de 200 fonds indiciels et 400 titres vifs référencés. Fait notable : les ETF commencent aussi à prendre place dans la stratégie des CGP. Plus de 40 % des partenaires CGP de Spirica en utilisent dans leurs allocations. Histoire d‘encourager le mouvement, l'assureur a d'ailleurs revu à la baisse les frais, à 0,06 % pour ETF et titres vifs contre respectivement 0,1 et 0,6 % auparavant. Un pourcentage auquel in faut rajouter, pour les titres vifs, la taxe sur les transactions propre à chaque pays.

Si Spirica accélère sur les ETF et les titres vifs - autrement dit des titres cotés, donc liquides -, la maison a longtemps ouvert son offre au non coté, qu’il soit immobilier ou financier. Des titres, eux, généralement illiquides, surtout en temps de crise. « Il y a eu sans doute un petit peu d'excès dans les allocations », concède la dirigeante, qui rappelle que le devoir de conseil revient aux distributeurs, pas à l'assureur. Spirica fixe néanmoins des plafonds d'investissement global et des ratios d'emprise par émetteur, histoire de préserver sa propre liquidité.

Le fonds en euros prend de la hauteur

Si les unités de comptes permettent de donner la première impulsion, le coup de rein final revient au fonds en euros. Il pèse plus de 57 % de la collecte sur internet et plus de 61 % chez les CGP. La raison : les taux obligataires élevés et… les bonus ! Chez Spirica, la règle est la suivante : 1,10 point jusqu'à 30 % investis en unités de compte, 1,50 point au-delà, calculés sur le taux publié en début d’année prochaine. Des bonus jusqu’à quand ? « Tant que le niveau des taux obligataires nous permettra de les supporter. Notre stratégie est d'avoir des offres rentables pour tout le monde, nos clients finaux, nos distributeurs… », explique Anaïd Chahinian.

Les leviers pour aller plus haut ? Résoudre le paradoxe du développement durable : son poids recule dans les allocations malgré les canicules à répétition. Le fonds euro Objectif Climat, seul du marché classé SFDR 9 et ouvert à la commercialisation, résiste à cette tendance en s'engageant à servir au minimum le même taux que le fonds traditionnel maison. Une garantie qui ressemble à un tapis de réception : elle ne fait pas gagner en hauteur, mais elle évite la chute. Après, il y aura la nécessité d’adapter l’entraînement à la période d’élections présidentielles. Mais le prochain point d’appui pour aller plus haut est déjà posé au sol : depuis avril 2026, Milleis Vie a rejoint Spirica, avec en ligne de mire… de nouveaux canaux de distribution.

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