Bourse : tirez le meilleur de l'intelligence artificielle

L’intelligence artificielle a beaucoup attiré ; elle inquiète aussi désormais. Avis de deux experts sur son impact macro-économique, mais aussi les usages potentiels, aussi bien dans le pilotage des fonds que dans les stratégies d’investissement des clients.

A priori, l’intelligence artificielle (IA) s’inscrit comme une mégatendance. Pierre Puybasset, porte-parole de la gestion de LFDE, n’en doute pas : « L’IA ne transforme pas seulement les outils, elle redéfinit les chaînes de valeur et les sources de compétitivité. » Le secteur affiche une croissance attendue proche de 30 % par an. De son côté, Vincent Chailley, directeur des investissements de H2O Asset Management, nuance le rythme actuel : « Pour certains secteurs, le déploiement est immédiat ; d'où l'euphorie. Pour d'autres, ça prendra 5, 10, 15 ans et nous aurons un déploiement finalement assez long de productivité. »

Côté pile, l’intelligence artificielle cumule les atouts. Mais côté face, l’impact sur l’emploi alimente le débat. Les besoins en infrastructures pèsent sur les ressources. Traduisez l’énergie, et notamment l’électricité, mais aussi sur les financements. Car les investissements atteignent des centaines de milliards de dollars. Et dans un environnement où les Etats sont forts demandeurs de capitaux sur le marché, cela peut peser… Se pose aussi la question de la rentabilité dans un univers où l’on passe facilement de Chatgpt à Gemini, ou tout autre opérateur.

Un gars de plus – différent des autres - dans l’équipe chez H2O

Derrière l’approche macro-économique, il y a le quotidien des gérants et des investisseurs. Chez H2O, on intègre l’IA dans ses processus depuis plusieurs années. Les équipes utilisent ces outils comme un appui à la décision. Deux fonctions principales émergent. L’IA comme un radar, pour identifier des signaux faibles et des angles morts. Utile pour une maison de gestion pratiquant avant tout une gestion « global macro » ! Chez LFDE, l’IA a aussi cette fonction visant à passer l’information disponible « au tamis ».

H2O l’utilise aussi pour un rôle de miroir. Objectif ? Remettre en question les convictions des gérants et limiter les biais comportementaux. Lancé en janvier dernier, le produit « Generative Global Macro Fund » illustre cette approche. Il vise une performance régulière (taux du marché monétaire plus deux points) avec un profil défensif. L’IA joue le douzième homme dans l’équipe, mais l’humanoïde en charge de la gestion est le seul à pouvoir appuyer sur le bouton.

Les leçons de huit ans d’expérience chez LFDE

Du côté de LFDE, on a fait le choix de proposer de l’investissement sur le segment de l’intelligence artificielle… depuis 2018. LFDE Intelligence artificielle, c’est le nom du produit, peut aujourd’hui s’enorgueillir de presque un milliard d’encours. Le fonds repose sur une vision large du secteur : les producteurs de technologies, les entreprises utilisatrices, les acteurs intermédiaires… Car entre les chercheurs d’or et les vendeurs de pelle, les gagnants ne sont pas toujours là où l’on croit.

Aujourd’hui, les fabricants de composants occupent une place centrale, car ils bénéficient directement des investissements massifs dans les infrastructures. Les entreprises utilisatrices représentent un potentiel de long terme, notamment grâce aux gains de productivité générés. Huit ans d’expérience en ont apporté la preuve : l’investissement dans l’IA reste volatil. Versement progressif et vision long terme sont donc recommandés.

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