Assurance vie, vous avez dit multipoches ?
Il y eu le mono-support, puis le multisupports. Déjà, il va falloir s’habituer au terme multipoches, ou multi-compartiments. Selencia Patrimoine s’apprête à franchir le cap pour son produit phare, PGA. Explications du pourquoi de cette innovation par Olivier Samain, directeur du Selencia Patrimoine. Alors, Olivier, comment ça marche ?
Voilà belle lurette que l’assurance vie française a adopté le mot « multi ». Le multi, par opposition à mono. Au début des années 2000, le monosupport en euros disparaît progressivement au profit du multisupport, permettant de combiner fonds en euros et unités de compte dans un même contrat. Désormais, le couteau suisse de l’épargne française décline encore ce « multi ». En multi-compartiments chez les uns, en multipoches chez les autres.
Partout, le sujet est le même. Historiquement, la gestion des contrats était libre. Puis sont venues se greffer, sous l’effet de la réglementation ou d’initiatives commerciales, d’autres solutions : gestions profilées, mandats d’arbitrage, mandats de gestion… Avec, à la clé, des contraintes de systèmes d’information. Par exemple, lorsque deux modes de pilotage intervenaient sur un même support, les règles d’arbitrage pouvaient entrer en conflit. Techniquement, la cohabitation entre différents modes de gestion se passait mal, voire ne se passait pas du tout. Avec le multipoches, c’est du passé.
Laplace était demandeur
Contrat historique de Selencia, la désormais filiale de la Carac, PGA va devenir multipoches fin avril / début mai. Le principe est simple : au sein d’un même contrat d’assurance vie, plusieurs modes de gestion pourront cohabiter simultanément. Là où l’épargnant devait auparavant choisir une seule approche — gestion libre, gestion pilotée ou mandat — il peut désormais répartir son épargne entre plusieurs « poches », chacune fonctionnant selon des règles différentes. Annoncée en début d’année par Bertrand Hau, le président de Selencia, cette initiative s’inscrit à la fois dans une logique d’innovation produit et dans une réponse directe aux attentes d’un partenaire distributeur. En l’occurrence, Laplace.
Gestion libre, gestion déléguée au conseiller, gestion sous mandat confiée à une société de gestion, gestion pilotée ou encore gestion profilée partenaire : toutes ces options seront proposées, combinables dans la même enveloppe. Selencia tire ainsi profit des innovations réglementaires apportées par la loi Industrie verte, mais renforce également son modèle partenarial. Car certains distributeurs disposent de leurs propres sociétés de gestion ou de convictions d’allocation spécifiques, qu’ils souhaitent appliquer à une partie seulement du contrat.
Les mandats d’arbitrage « industrie verte » intégrés
Concrètement, la logique multipoches modifie l’utilisation du contrat. Là où il fallait auparavant choisir entre gestion libre ou gestion pilotée, le conseiller peut désormais répartir l’épargne entre plusieurs compartiments. Une partie peut rester en gestion libre, une autre être confiée au conseiller en gestion déléguée, tandis qu’un troisième compartiment peut être placé sous mandat auprès d’une société de gestion.
Cette architecture permet de segmenter l’épargne selon les objectifs : sécurisation progressive d’un capital, recherche de performance sur une autre poche, ou encore allocation pilotée à long terme. Le conseiller gagne en granularité dans la construction des allocations, avec la possibilité de faire évoluer chaque poche indépendamment sans remettre en cause l’ensemble du contrat. Pour le client, l’intérêt réside dans une meilleure lisibilité et une diversification plus structurée, sans multiplier les enveloppes. Comme le souligne Olivier Samain, directeur du développement de Selencia Patrimoine : « le multipoches permet d’accompagner l’évolution du client dans le temps sans remettre en cause l’architecture du contrat, en ajoutant ou en ajustant simplement les modes de gestion selon ses besoins. »
Des avenants à prévoir pour les anciens contrats
Une fois le multipoches mis en production, tous les nouveaux contrats bénéficieront de ces nouvelles fonctionnalités dès la souscription. En revanche, l’évolution n’est pas automatique pour les anciens clients. Explication : juridiquement, PGA est un contrat individuel, donc modifiable seulement avec l’accord des parties. Pour les contrats déjà ouverts, Selencia prévoit un dispositif simple : la mise en place passera par la signature d’un avenant permettant d’activer cette nouvelle architecture. Les clients existants pourront ainsi conserver leur contrat tout en accédant progressivement aux nouvelles possibilités offertes par le multipoches.



