Osmo Énergie – Momentime : le match

Elles ont des points communs. Comme une création en 2024 et un objectif de performance de 6 %. Elles ont aussi des différences ! Sur leur conception, leur univers d’investissement, leur recours à l’endettement, leurs premiers investissements… L’occasion de constater qu’on ne peut détacher un produit du marché, mais également de l’offre de son créateur.

Comment sont-elles arrivées sur le ring ?

Osmo Énergie est la première à être entrée sur le ring, au printemps 2024. C’est la première SCPI de Mata Capital IM, maison jusqu’alors orientée vers des institutionnels. L’objectif pour la société de gestion, évoqué dès 2022, était d’adresser le marché porteur du « wealth management ». Un marché jugé comme très porteur en termes de collecte. Trois consignes du coach à la nouvelle venue : recherche de performance, d’opportunisme immobilier et de souplesse pour l’épargnant, avec une souscription dès une part, des dividendes mensuels et des versements programmés. Osmo Énergie porte dans son nom une stratégie spécifique via « énergie » : elle est cataloguée 9 selon la classification SFDR. Donc l’objectif le plus ambitieux en termes de développement durable.

Momentime est, elle aussi, officiellement datée de 2024. De fin d’année exactement, car sa date de naissance correspond à l’agrément de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF). La commercialisation réelle viendra plus tard, mais cela permettra à la société de gestion de communiquer sur des rendements. Momentime voit le jour dans une famille où Transitions Europe boxe déjà dans la cour des grands. Mais son univers d’investissement se limite à la zone euro hors France et laisse donc de côté l’Hexagone et le Royaume-Uni, deux des trois premières économies européennes. Frustrant, pour Yann Videcoq, président d’Arkéa REIM, quand Londres offre plus de 7 % sur des emplacements prime, sous l’effet d’une Banque d’Angleterre plus restrictive. Le nom du produit « Momentime » a vocation à traduire un effet d’opportunité. « C’était le meilleur moment pour lancer. Mais aujourd’hui, c’est un meilleur moment pour acheter. », reconnaît Yann Videcoq.

Performances : la catégorie qu’elle visent

Même objectif affiché à long terme, non garanti : 6 % ! Côté Osmo Énergie, la communication repose sur la seule distribution, avec une performance globale annuelle (PGA) de 6,5 %. Côté Momentime, c’est un objectif de PGA. Le même que Transitions Europe, l’idée n’étant pas d’afficher sur longue période des objectifs différents.

Ces objectifs ont une caractéristique : avoir été définis à une époque où les taux sur les marchés étaient à des niveaux bien différents. Le 6 % est-il encore compétitif ou tient-il du poids plume? Foulques de Sainte Marie, directeur général de Mata Capital IM en charge des produits retail, rappelle d’où l’on vient, quand les SCPI servaient 4 ou 4,5 %. « Pour aller distribuer 6 % sur la durée, c’est déjà extrêmement compliqué. Il faut acheter du 7 et plus ». Yann Videcoq rajoute l’argument fiscal : investi surtout hors de France, un 6 % brut laisse de l’ordre de 5 % net de fiscalité.

En attendant, les deux sociétés ont affiché leurs premiers taux. Un élément à toujours prendre avec des pincettes par les conseillers et clients tant que les marges de manœuvre sont importantes.

Osmo Énergie a servi 7 % en 2025 et prévoit de maintenir ce rythme en 2026. Momentime a distribué 9,25 % en 2025, tout en gardant des réserves : son résultat par part dépassait 15 %, et près de quatre mois de distribution dorment en report à nouveau. Plus de 8 % sont attendus cette année.

Qui a le plus les faveurs du public ?

Sur les nombreuses SCPI nées en 2024-2025, seules quelques-unes ont dépassé les 100 millions de capitalisation. Osmo Énergie en fait partie. Avec un profil de souscripteur assez éloigné du traditionnel retraité à la recherche de revenus. Les versements de 10 000 à 15 000 euros pèsent 40 à 50 % de la collecte, et près de la moitié des souscripteurs a moins de 40 ans. A noter aussi le succès des versements programmés ou du réinvestissement des dividendes.

Momentime paie l’ombre de sa grande sœur. En cette année 2026, le rythme de collecte se situe à 2 millions par mois. Une situation en partie due au fait que les CGP font de la diversification en se limitant à retenir souvent une seule SCPI par société de gestion. Vu le poids des univers d’investissement de ces deux SCPI, Yann Videcoq plaide pour un dosage 70 % Transitions Europe, 30 % Momentime.

Où elles ont commencé à boxer

Osmo Énergie mise sur la granularité : des actifs de 1 à 12 millions d’euros, plus d’une trentaine d’immeubles et près de 50 locataires pour environ 130 millions collectés et investis. Déjà près de 80 % hors de France, cible à 90 %, sur cinq pays bientôt sept. Chaque marché s’observe un à deux ans, offres à l’appui, avant d’y frapper. Trois collaborateurs installés à Hambourg rapportent des affaires qui n’auraient jamais franchi le Rhin. Pas d’endettement à date.

De son côté, Momentime aligne quatre actifs, surtout britanniques et un immeuble français acquis à plus de 8,5 % acte en main. Après une ouverture à venir en Pologne, la société de gestion prospecte dans les pays nordiques. Avec une règle maison en tête : à terme, aucune géographie ni typologie au-delà de 33 %, et la France plafonnée à 20-25 %. A noter, l’existence d’un taux d’endettement d’un peu moins de 9 % au 30 juin 2026 via une ligne de crédit corporate de 5 millions, pour devancer la collecte.

La revalorisation du prix de parts : le côté puncheur…

Mata Capital IM a porté la part d’Osmo Énergie de 300 à 306 euros au 1er août 2026. Un coup en plein été, appuyé sur l’expertise du 30 juin qui a hissé la valeur de reconstitution à un peu plus de 309 euros. La doctrine : coller à la valeur du patrimoine et récompenser au fil de l’eau les associés historiques, d’autant que la performance globale annuelle additionne désormais distribution et revalorisation.

Arkéa REIM, elle, fait expertiser chaque actif à sa date anniversaire d’acquisition, puis six mois plus tard. Sa valeur de reconstitution bouge ainsi chaque trimestre et ressort autour de 206 euros pour une part à 200 euros. Sur la stratégie à mener en la matière, Yann Videcoq prend en compte les réflexions de l’AMF sur un éventuel resserrement du tunnel à plus ou moins 5 %. Dans le médiatique match entre les jeunes et les vieilles SCPI, il y a là une différence majeure. Les jeunes s’intéressent à la déco

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