Pourquoi un CGP ne doit pas se taire en période de crise...
Un jour, Trump dit noir et le marché baisse. Le lendemain, c'est blanc et c'est la fête au village ! Selon Hélène Lamon, depuis le début de la crise en Iran, de nombreux CGP habitués des réseaux sociaux sont curieusement aux abonnés absents. Or, pour elle, que ce soit par téléphone, réseau social ou autres, dans ces périodes-là, il faut savoir parler. Voici pourquoi...
Depuis plusieurs semaines, la guerre en Iran fait la une. Les marchés sont plus volatils, le pétrole s’emballe, les clients s’interrogent. Et pourtant… Où sont les CGP "finfluenceurs" ? Je regarde les réseaux sociaux, je lis les prises de parole… Et ce que je vois, c’est surtout du silence. Ou pire : des contenus hors-sol, déconnectés de ce que vivent réellement les clients.
Alors je vais le dire clairement : si vous ne prenez pas la parole dans ces moments-là, à quoi servez-vous ?
Parce que non, notre métier ne se résume pas à commenter des performances de portefeuille quand tout va bien. Un CGP, ce n’est pas un tableau Excel. Ce n’est pas un reporting trimestriel. Ce n’est pas un classement de fonds. Un CGP, c’est un accompagnement global. Civil. Fiscal. Social. Patrimonial. Et justement, dans une période comme celle-ci, ces dimensions deviennent centrales. Les clients ne se posent pas seulement la question : “Est-ce que mon portefeuille va baisser ?”
Ils se demandent aussi : - Est-ce que je dois reporter un projet - Est-ce que je dois sécuriser davantage ma famille ? - Est-ce que mes choix patrimoniaux sont toujours cohérents ?
Apprendre à bosser sans être payé !
Et ça… ce n’est pas une courbe de performance qui y répond. C’est nous. Mais pour ça, encore faut-il être présent. Encore faut-il parler. Encore faut-il assumer son rôle. Parce que le vrai risque aujourd’hui, ce n’est pas la guerre. C’est le vide laissé par le conseiller. Un client sans accompagnement, c’est un client qui doute. Et un client qui doute, c’est un client qui prend de mauvaises décisions.
Et là, j’ajoute un point que peu osent aborder : la rémunération du CGP. Un vrai conseiller ne contacte pas ses clients uniquement quand il y a une opportunité de business. Il le fait aussi — et surtout — quand il n’y a rien à vendre. Quand il y a du doute. Quand il y a de l’incertitude. Quand il faut rassurer, cadrer, expliquer. C’est ça que le client rémunère. Pas un produit. Pas une performance. Mais une présence et une responsabilité.
Qui veut être remplacé ?
Alors oui, il faut utiliser ces moments. Pas pour faire peur. Pas pour faire du marketing. Mais pour remettre du sens dans les rendez-vous de suivi. Il faut arrêter de dérouler uniquement des performances, des allocations, des arbitrages. Et revenir à l’essentiel : la vie du client, son cadre familial, ses projets, ses risques, ses priorités. Parce que c’est ça, notre valeur.
Et si ces sujets ne sont pas abordés aujourd’hui… alors il faut peut-être se poser une vraie question sur notre manière d’exercer. Un CGP qui ne parle que de performance est remplaçable. Un CGP qui accompagne la vie de son client ne l’est pas. C’est ça, le regard d’Hélène aujourd’hui : un CGP ne doit pas attendre qu’on l’appelle. Il doit anticiper. Il doit prendre la parole. Il doit être là… même quand il n’y a rien à vendre. Parce que rester silencieux, c’est déjà prendre position. Et pour moi, ce n'est pas probablement pas la bonne.
Et vous… Lors de vos derniers rendez-vous, avez-vous parlé marchés… ou avez-vous parlé des projets de vos clients ?


