Vous pensez que l'éléphant dans le magasin de porcelaine, c'est Kevin Warsh, le remplaçant pressenti de Jerome Powell, à la tête de la Banque centrale européenne ? Et si c'était une autre banque centrale. Le point sur l'environnement des taux directeurs et les choix à faire en allocation d'actif.
Le scénario central pour la Banque centrale européenne (BCE) à horizon de six mois ? La stabilité des taux directeurs. Tel a été le choix officialisé le 5 février par la Christine Lagarde, la présidente de la BCE. À plus long terme (12 à 18 mois), le prochain mouvement pourrait toutefois être une hausse. En raison d’une croissance européenne en voie d’amélioration et une inflation qui pourrait progressivement se redresser, après un passage temporaire sous les 2 %.
Du côté des États-Unis, le scénario central diffère : il repose sur une baisse des taux directeurs en 2026, plutôt concentrée en seconde partie d’année, dans un contexte de ralentissement de l’inflation. Néanmoins, l’incertitude reste élevée, car la croissance américaine demeure solide et le marché du travail résilient. Autant d’arguments susceptibles de conduire à un scénario sans baisse de taux.
Côté taux longs, l’anticipation est une stabilité, voire d’une légère hausse en Europe comme aux États-Unis, dans un environnement de croissance plus robuste et de politiques monétaires restant relativement restrictives.
Kevin Warsh et la Banque du Japon en point d’interrogation
Pour les investisseurs, deux points méritent une attention particulière. D’abord, la Réserve fédérale américaine, avec la nomination annoncée de Kevin Walsh pour succéder à Jerome Powell. Bien que sa réputation soit celle d’un responsable monétaire plutôt strict sur l’inflation, ses prises de parole récentes suggèrent une ouverture à des baisses de taux, notamment en s’appuyant sur les gains de productivité liés à l’intelligence artificielle. Toutefois, la structure collégiale de la Fed rend toute inflexion rapide de politique monétaire incertaine. Par ailleurs, l’évolution des taux longs américains, déterminante pour les taux immobiliers et l’économie, pourrait influencer les choix effectués. Pour mémoire, Donald Trump est très sensible à l’immobilier, son business d’origine…
Ensuite, la Banque du Japon. Elle est engagée dans un cycle de normalisation monétaire avec des hausses de taux. Cette évolution pourrait provoquer un rapatriement de capitaux japonais investis à l’étranger, notamment en Europe et aux États-Unis. Avec pour conséquence : une pression haussière sur les taux longs internationaux. Les fluctuations du yen, plus influencé par la politique budgétaire japonaise que par la hausse des taux courts nippon, constituent également une variable clé susceptible d’affecter l’inflation et les décisions de la banque centrale japonaise.
Garder du risque malgré les taux longs élevés
Dans cet environnement de taux durablement élevés mais de croissance en amélioration, la recommandation globale reste favorable aux actifs risqués. Sur les marchés actions, la préférence d’Ecofi va à la zone euro et aux marchés hors États-Unis, jugés plus attractifs dans le contexte actuel. Sur la partie obligataire, l’orientation privilégie le crédit d’entreprise, principalement investment grade (obligations d’entreprises de bonne qualité), tout en conservant une exposition mesurée au high yield (obligations à haut rendement).
