L'IA, solution miracle pour les CGP ? Mon oeil !
L'intelligence artificielle est à la mode. Dans l'économie en général et de plus en plus chez les CGP. Mais gare : elle se transforme parfois en béquille pour certains, voire en accélérateur de bullshit !
On nous vend l’IA comme la solution miracle. Pour se former. Pour performer. Pour produire du contenu. Mon œil ! Je vous le dis : je ne crois pas à la manière dont l'IA est utilisée aujourd’hui dans notre métier de CGP. Et je vous explique rapidement le pourquoi de ce regard
Regardons LinkedIn. Posts parfaits. Analyses bien structurées. Conseils patrimoniaux “clé en main”. Sur le papier, tout est nickel. Mais je me pose une question simple : qui est vraiment derrière ?
Parce que ce que je vois, ce n’est pas une montée en compétence. C’est une montée en puissance de contenus générés. Avec souvent : zéro terrain, zéro client, zéro responsabilité.
L’IA ou l’art de ne pas savoir que l’on ne sait pas…
Sur la formation, aussi, on est en train de se raconter une histoire. Former un CGP, ce n’est pas transmettre de l’information. C’est construire un jugement. Pourquoi comprendre une mécanique fiscale… quand une IA peut répondre en 10 secondes ? Pourquoi creuser… quand un prompt donne l’illusion de maîtriser ? Sauf qu’un CGP ne vend pas des réponses. Il engage sa responsabilité. Une mauvaise stratégie patrimoniale, ce n’est pas un mauvais post. C’est un client en difficulté. Et ça, aucun algorithme ne l’assume.
Sur la formation et la réalité du terrain, on fait croire aux nouveaux entrants qu’ils peuvent apprendre le métier… en posant des questions à une IA. Mais ce métier, ce n’est pas ça. Un CGP, ce n’est pas quelqu’un qui a des réponses. C’est quelqu’un qui comprend. Qui doute. Qui creuse. Qui se trompe… et qui apprend. L’IA, elle, ne doute jamais. Elle répond. Toujours. Et c’est bien ça le danger.
Parce que quand tu ne sais pas… tu ne sais même pas que tu ne sais pas !
Visibilité et crédibilité, deux notions très différentes
Sur le métier, je vais être encore plus claire. On est en train de confondre visibilité et crédibilité. Aujourd’hui, n’importe qui peut produire : une analyse de marché, un post fiscal, un conseil patrimonial Mais produire n’a jamais été le sujet.
Le sujet, c’est : comprendre, douter, arbitrer, assumer.
Un vrai CGP ne copie pas une réponse. Il la construit. Avec de l’expérience. Avec du terrain. Avec des erreurs aussi. Soyons honnêtes. L’IA est devenue une béquille pour certains, un accélérateur de bullshit pour d’autres. Copier. Reformuler. Publier. Sans vérifier. Sans comprendre. Sans même se poser la question de la responsabilité. Et ça, c’est dangereux.
Parce que le client, lui, ne voit pas la différence. Il fait confiance.
Alors on fait quoi ? On arrête de se cacher. On revient aux fondamentaux : le terrain, les clients, le coaching, la répétition, la remise en question Former un CGP, c’est comme former un sportif de haut niveau. Ça ne se fait pas derrière un écran. Parce qu’à la fin, il reste une seule réalité. Le jour où votre client vous regarde et vous dit : “Qu’est-ce que je fais ?” Il n’attend pas une réponse générée. Il attend votre jugement. Votre expérience. Votre responsabilité.
Et ça… Aucune IA ne saura le faire à votre place.


