Conseils pratiques pour remplir la déclaration de revenus

Dans le jargon, on appelle cela une  campagne. Et ce n’est pas un espace de repos pour citadins… La campagne 2026 de la déclaration de revenus a été ouverte le 9 avril pour l’administration fiscale. Point pratique, notamment sur les changements majeurs à bien négocier. Avec d’éventuels impacts patrimoniaux.

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La loi de finances pour 2026 a, comme certaines de ses plus récentes ancêtres, une caractéristique : avoir été adoptée par l’article 49.3 de la Constitution. Bref, le gouvernement a fait son choix dans les discussions parlementaires et avoir suivi les débats ne permet pas d’avoir une bonne maîtrise du texte. Premier constat : le barème a été revalorisé pour tenir compte de l'inflation. La hausse est de 0,9 % sur l'ensemble des tranches. Sans cette revalorisation, si un contribuable avait vu ses revenus suivre l'inflation, son impôt aurait augmenté !

Prêt pour la déclaration ? Pensez pour commencer à respecter les délais. 19 mai pour le papier (oui, ça existe encore !), 21 mai à minuit pour les départements 01 à 19 et non-résidents (Nice, Marseille, Caen…), 28 mai à minuit pour les départements 20 à 54 (Rennes, Nantes, Bordeaux, Toulouse…) et 4 juin pour les autres. Bref, les départements 55 et plus, dont Paris, Île-de-France, Lyon, Strasbourg, Lille, sans oublier les DOM-TOM.

Bercy est de plus en plus curieux

Dès le premier écran, l’oeil de Bercy s’active. Votre client loue ou occupe une résidence secondaire sans en être propriétaire ? Il faut désormais le mentionner dans la déclaration de revenus en ligne. L'objectif de l'administration ? Faciliter les recoupements et traquer les propriétaires omettant de déclarer leur résidence secondaire tout en la louant à des tiers… La chasse à la fraude ne se limite plus à l’article L. 64 du livre des procédures fiscales…

La curiosité de Bercy touche aussi les services à la personne. Pour chaque type de dépense de services à la personne ouvrant droit au crédit d'impôt, il faut désormais indiquer la nature de l'organisme et la modalité d'intervention. Public, privé, association ?, mandataire… Des cases supplémentaires, discrètes — grisées dans le formulaire 2042 — mais obligatoires. La fourniture d’une formation aux contribuables eût été appropriée tant, en matière, Bercy retombe dans une approche très administrative, franchement peu ergonomique.

Adieu micro BIC, retour au dur monde réel

Ces premiers éléments peuvent donner mal de tête, mais touchent peu les structures patrimoniales. Tel n’est pas le cas de la loi Le Meur. Ou comment avoir AirBnb dans le viseur ! Le régime micro-BIC pour les meublés de tourisme a été durci. Pour les non classés, le seuil tombe à 15 000 euros de recettes annuelles et l'abattement est réduit à 30 %, contre 77 700 euros et 50 % pour les revenus 2024. Pour les classés et chambres d'hôtes : plafond à 77 700 euros et abattement de 50 %,contre 188 700 euros et 71 % auparavant.

Conséquence directe : de nombreux propriétaires qui étaient au micro-BIC basculent mécaniquement au régime réel. Or, passer au réel nécessite un numéro de télédéclarant professionnel — qu'il fallait demander à l'administration dès septembre 2025. Pour ceux qui n'ont pas anticipé : « direction l'expert-comptable sans tarder », recommande Olivier Dajnak, responsable de l’ingénierie patrimoniale et financière de Vie Plus, la filière de Suravenir spécialisée sur les CGP.

Conséquence directe : de nombreux propriétaires qui étaient au micro-BIC basculent mécaniquement au régime réel. Or, passer au réel nécessite un numéro de télédéclarant professionnel — qu'il fallait demander à l'administration dès septembre 2025. Pour ceux qui n'ont pas anticipé : « direction l'expert-comptable sans tarder », recommande Olivier Dajnak, responsable de l’ingénierie patrimoniale et financière de Vie Plus, la filière de Suravenir spécialisée sur les CGP.

Non, la 6NS n’est pas non significative !

L’expert comptable pourrait aussi être utile pour les déclarations de travailleurs non salariés (TNS). L'assiette de leurs cotisations sociales n'est plus calculée à partir du revenu net fiscal, mais selon une assiette de cotisations et contributions sociales unifiée. Et la déclaration de revenus sert désormais de base au calcul des cotisations sociales des TNS. « La prudence s'impose », juge Olivier Dajnak, « car la peine sera double : augmentation de la fiscalité et augmentation des cotisations sociales. » D’où la nécessité de vérifier attentivement chaque case avant validation.

Vérification impérative également sur l’épargne retraite des TNS. Les assureurs pré-remplissent systématiquement la case 6NS avec l'ensemble des versements PER, qu'il s'agisse de versements déductibles au titre de l'article 154 bis ou de l'article 163 bis du Code Général des impôts. La règle : si le client n'a effectué que des versements au titre du 154 bis, ces montants ont déjà été déduits de ses revenus professionnels. Il faut alors mettre zéro en case 6NS pour éviter une double déduction. Si les deux articles sont concernés, il faut ventiler manuellement. Une case à ne jamais laisser telle quelle sans vérification !

Il fallait être généreux au bon moment…

Un dernier mot : le plafond des dons ouvrant droit à la réduction majorée à 75 % pour les associations d'aide aux personnes en difficulté a été porté de 1 000 à 2 000 euros, pour les dons effectués à compter du 14 octobre 2025. Attention à la date : seuls les versements réalisés à compter de cette date bénéficient du nouveau plafond doublé. Les dons antérieurs restent soumis à l'ancien plafond de 1 000 euros. Pensez aussi à vérifier si de nouveaux organismes sont entrés dans les catégories éligibles aux différents taux de réduction.

Bonus — CGP : oui pour aider ; remplir, c'est une autre affaire !

La double authentification mise en place par l'administration fiscale crée une friction nouvelle pour les conseillers qui veulent recueillir des informations fiscales sur leurs clients ou les accompagner dans leur déclaration. Question pratique : le client reçoit le code sur son téléphone, ce qui complique l'accès au compte en l'absence du contribuable. Le problème avait été soulevé par Cyrille Brengues, président Languedoc de la CNCGP

Mais la vraie question est juridique. Remplir la déclaration de revenus d'un client n'est pas un acte anodin. Il faut disposer de compétence juridique appropriée et s'assurer que sa responsabilité civile professionnelle couvre explicitement cette prestation. Sans ces précautions, le conseiller s'expose en cas d'erreur. La distinction est claire : aider un client à comprendre sa déclaration, pointer les cases à vérifier, lui signaler les anomalies — c'est du conseil. Saisir à sa place — c'est une mission à part entière, qui se documente et se facture en conséquence. A noter sur ce point la réponse officielle de la CNCGP à Et + Encore : « Le contrat RCP groupe de la CNCGP couvre la saisie par le CGP des données dans impots.gouv.fr. Par contre, nos recommandations sont les suivantes. Un, encadrer la prestation par un contrat spécifique entre le CGP et le client (nous mettons un modèle à disposition). Deux, le client valide lui-même la déclaration dans impots.gouv.fr, le CGP ne signe pas électroniquement à sa place. »

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